08/03/2010
Paris réunit 65 pays pour l'accès à ce marché prometteur
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La France réunit lundi et mardi à Paris 65 pays pour une conférence internationale destinée à les aider à acquérir l'énergie nucléaire civile et les éloigner de la tentation de l'arme atomique, une orientation diplomatique qui vise aussi un marché financièrement prometteur.

Avaient été conviés à cette rencontre les parias d'hier, comme la Syrie, épinglée dans le dernier rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) pour son absence de coopération, et la Libye, mais celle-ci a décliné l'invitation. La conférence sera ouverte par le président français Nicolas Sarkozy, close par son Premier ministre François Fillon et animée notamment par le patron de l'AIEA, le Japonais Yukiya Amano.

La Syrie devrait y côtoyer Israël, mais aussi la Chine, la Russie, l'Ukraine, le Belarus, les Emirats arabes unis, le Brésil ou les Etats-Unis. Mais pas l'Iran ni la Corée du Nord, coupables "de violations graves de leurs obligations internationales" en matière de non-prolifération nucléaire, précise-t-on à Paris.

"Depuis quelques années, une soixantaine d'Etats dans le monde ont manifesté un intérêt ou un regain d'intérêt pour le nucléaire civil et cette conférence vise à répondre à leur demande et à la nécessité de les accompagner dans cette voie de manière responsable", résume sous l'anonymat un responsable français.

Cette volonté d'encadrement et d'offres de coopération s'exprime sur fond de perspectives de marchés juteux. Le besoin en énergies non émettrices de CO2 a explosé dans le monde, et la France dispose d'une large compétence en la matière.

"La conférence ne sera pas une foire commerciale ou un Bourget du nucléaire", s'insurge un autre responsable français à l'évocation d'éventuels contrats et en allusion au salon aéronautique biennal du Bourget, près de Paris.

Selon la World Nuclear Association, plus de 450 nouveaux réacteurs devraient être construits dans le monde d'ici à 2030, soit un marché de plusieurs centaines de milliards de dollars.

Parmi les "néo-accédants" au nucléaire civil figure par exemple la Jordanie, qui a des ressources en uranium mais ni pétrole ni gaz, et des besoins énergétiques croissants. Ce pays, qui part de zéro, a besoin d'une coopération bilatérale et multilatérale, résume un expert. Il lui faut une législation, une autorité de sûreté nucléaire, un programme de formation d'ingénieurs, un plan de financement. Il doit aussi choisir un ou des sites.

Les quelque 700 ministres, hauts fonctionnaires et industriels attendus au siège de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sont conviés à des tables rondes sur l'ensemble de ces sujets.

La conférence devrait permettre aussi aux intervenants d'évoquer les transferts de technologie et les "lignes rouges" à ne pas franchir à ce sujet, afin d'éviter tout détournement de programmes civils vers des applications militaires.

La sûreté, pour éviter tout incident nucléaire au sein des installations, et la sécurité, pour empêcher tout vol de matériaux à des fins terroristes, seront enfin abordés.

Ce thème de la sécurité nucléaire doit être au centre d'un sommet de chefs d'Etats et de gouvernement convoqué les 12 et 13 avril à Washington par le président américain Barack Obama.

Selon un diplomate, la conférence de Paris sera "très complémentaire" de celle de Washington. Elle vise aussi à valoriser, lors de l'examen en mai à New York du traité de non-prolifération, le volet du développement du nucléaire civil aux côtés de ceux du désarmement nucléaire et de la non-prolifération, précise-t-il.

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