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Deux grands "Jacques", Dutronc et Higelin, donnent le coup d'envoi
14/07/2010 16:35:59
Deux des derniers dinosaures de la chanson française, qui n'ont rien perdu de leur fougue, Jacques Higelin et Jacques Dutronc, ont donné mardi soir le coup d'envoi des 26ème Francofolies de La Rochelle, devant quelque 10.000 spectateurs.
Très en verve sous le soleil couchant de la cité maritime, transformée pour cinq jours en forteresse musicale, Jacques Higelin a lancé en prélude "un appel à l'amour" (Coup de foudre).
"New Orleans", "Mona Lisa", "Qu'est-ce qui se passe à la caisse"... La crinière blanche en bataille, sautant de son piano à l'avant-scène, le rebelle presque assagi s'est fendu de quelques commentaires ironiques sur "l'état des caisses de la France" et "celui qui dit qu'elles sont vides sauf pour lui", dédiant une chanson à "Nicolette Sarcophage" (je n'ai jamais su sur quel pied danser avec toi).
Il a laissé la place, à la nuit tombée, à celui que tous attendaient, Jacques Dutronc, qui a repris la route, après 17 ans d'absence, pour une tournée entamée en janvier.
Le chanteur aux lunettes noires et à l'éternel cigare, sorti de sa réserve corse, s'est laissé ovationner, assis dans un fauteuil club, savourant ostensiblement l'instant.
"Et moi, et moi, et moi", "j'aime les filles", "l'opportuniste", "la fille du père noël", "les Cactus"... Répondant à des demandes à peine devancées, il a ravi la foule, qui a repris en coeur tous ses succès. Il l'a aussi étonnée en se livrant à une étonnante imitation de l'ancien président François Mitterrand, à propos d'une lettre qu'il lui avait transmise sur les "gens dans la rue", provoquant un instant la perplexité.
Auparavant, les Bordelais insoumis de Eiffel, enfants spirituels de Noir Désir, avaient ouvert la série de concerts programmés sur la grande scène jusque tard dans la nuit. Suivis du jeune quatuor des BB Brunes, idoles des adolescentes, nombreuses aux premiers rangs pour admirer ces tout jeunes pop-rockeurs en pleine ascension.
Une vingtaine de groupes étaient programmés en parallèle sur six autres scènes plus modestes : Diving with Andy, Puggy, Gush ou Pony Pony Run Run... Nourris de pop anglaise, ils attirent un public plus jeune et pourraient bien dépasser les frontières nationales.
Dans l'après-midi déjà, fans et vacanciers avaient pu découvrir quelques voix trentenaires prometteuses, selon plusieurs professionnels du festival.
Parmi ces voix "à texte", Catherine Major, une jeune auteur-compositeur québécoise, maîtrisant toute la gammes des graves et des aigus sur des rythmes jazz en s'accompagnant de son piano avec lequel elle semble danser.
Autre découverte, que certains n'hésitent pas à comparer à Edith Piaf, Zaz, chanteuse gouailleuse, généreuse, mêlant influences afro, latino, arabo et rythmes jazz. Zaz a sorti son premier album en mai ("Je veux"). Son concert aux Francofolies affichait complet depuis longtemps.
Solitaire à l'humour caustique, déclamant ses textes sur des airs entraînants et décalés, Zed van Traumat, d'origine rocheloise, a également séduit un public plus restreint. Certains disent entendre dans sa voix les accents du Serge Gainsbourg des Trois Baudets, la même "révolte narquoise".
Mercredi soir, c'est - M - (Matthieu Chedid) qui sera la vedette avec Vanessa Paradis, précédés de Gaëtan Roussel, Emilie Simon, Coeur de Pirate et Hindi Zahra notamment
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