19/07/2010
La France doit aller au-delà des normes européennes
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La secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno, a estimé lundi que la France devait au moins "réduire encore de plus de la moitié" la quantité de nitrates dans l'eau, à l'origine des algues vertes, soit aller "beaucoup plus loin" que les normes européennes.

"C'est vraiment un phénomène très spécifique qui concerne la Bretagne", où "globalement les normes européennes, à part trois cas" sont respectées, a déclaré Mme Jouanno dans l'émission Les 4 vérités, sur France 2.

"Il faut aller beaucoup plus loin que les normes européennes, et réduire encore de plus de la moitié, voire diviser par trois, ces nitrates dans les eaux pour essayer de régler ce problème", a-t-elle déclaré. "Il faudra des années", a-t-elle souligné.

La secrétaire d'Etat devait se rendre dans la journée, avec le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire, à Binic dans les Côtes d'Armor pour faire le point sur la mise en oeuvre du plan gouvernemental de lutte contre les algues vertes, dont la prolifération est favorisée par des pollutions aux nitrates, liées à l'élevage intensif, notamment porcin.

Lundi, Mme Jouanno et M. Le Maire ont tous deux reconnu que ce phénomène était lié à l'élevage, tout en insistant sur les efforts faits par les producteurs.

"Les agriculteurs, notamment les éleveurs, ont fait des efforts considérables au cours des dix dernières années pour réduire les taux de nitrates dans l'eau. (...) Il faut poursuivre dans ce sens là et c'est compliqué", a expliqué le ministre de l'Agriculture sur la radio RMC.

"La vraie solution passe par le changement des pratiques agricoles. (...) C'est une vraie révolution agricole à laquelle on assiste", a-t-il ajouté.

Après la mort, l'été dernier, sur une plage bretonne, d'un cheval asphyxié par les émanations toxiques d'algues en décomposition, le gouvernement a présenté en février un plan de cinq ans dont le principal volet porte sur la collecte et le traitement des algues.

Par ailleurs, Mme Jouanno est revenue sur un amendement à la récente Loi de modernisation agricole, déposé par le député UMP breton Marc Le Fur (Côtes-d'Armor), qui avait suscité la colère des écologistes.

Cet amendement proposait de relever de 450 à 2.000 places le seuil à partir duquel une porcherie serait soumise à une autorisation ICPE (installation classée pour la protection de l'environnement).

Les députés ont finalement voté un compromis renvoyant à un décret ultérieur au contenu encore incertain.

"On peut comprendre qu'il y ait une volonté d'avoir des règles moins compliquées, en tout cas plus claires, mais un assouplissement, il en est hors de question", a déclaré Mme Jouanno.

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