Imprimer
Commentaire
Enviar a un amigo
|
|
|
Schleck et Contador soudés dans le Tourmalet
23/07/2010 15:14:34
La foule massée dans les derniers kilomètres de l'ascension, en plein brouillard, a vu surgir deux vainqueurs. Car le duel tant annoncé s'est conclu par un match nul satisfaisant pour les deux protagonistes, qui n'ont pu se départager sur les pentes pluvieuses du Géant des Pyrénées. Fidèle à son plan de bataille, Andy Schleck est passé à l'attaque à un peu plus de 10 kilomètres du sommet, après la sortie de Barèges où ses coéquipiers de Saxo Bank (O'Grady, Cancellara, C. Sörensen ensuite, Fuglsang enfin) avaient terminé leur travail. Contador, concentré à l'extrême, a suivi aussitôt et tous
les autres, à l'exception de l'Espagnol Joaquin Rodriguez qui a tenté en vain de résister pendant quelques instants, ont joué en deuxième ligne.
Au fil des kilomètres, les deux premiers du Tour ont creusé l'écart sur ce groupe (Rodriguez, Hesjedal, S. Sanchez, Menchov, Gesink, Horner, Van den Broeck) qui s'est départagé seulement sur les dernières rampes. Preuve du rythme soutenu imposé à l'avant par Andy Schleck, au maillot blanc transpercé par la pluie.
Accélérations successives
Le Luxembourgeois a procédé par accélérations successives, afin d'amener son dernier compagnon au point de rupture. Mais Contador, le plus souvent en danseuse quand Schleck restait assis sur la selle, a répondu à chaque fois, en prenant bien soin de ne pas regarder son rival qui le défiait des yeux.
L'Espagnol a même riposté -une seule fois- à moins de 4 kilomètres de l'arrivée, sans insister outre mesure. Le pouvait-il d'ailleurs ? Schleck est revenu sur lui et le duo a poursuivi son ascension jusqu'au col, à travers la foule déchaînée, en lâchant seulement une poignées de secondes dans le final.
Qui a réalisé la meilleure opération ?
"Je suis super content", a déclaré le plus jeune, vainqueur pour la deuxième fois d'une étape de prestige après celle de Morzine-Avoriaz, une arrivée au sommet déjà. Pour Andy Schleck (25 ans), le symbole est évident. Il a au moins fait jeu égal avec Contador, qui passait au départ de Rotterdam pour être le
meilleur grimpeur du monde. "Je pense qu'on est à égalité dans la montagne", a d'ailleurs estimé le
Luxembourgeois. A défaut d'être capable de démarrage comme son adversaire, faute d'une explosivité comparable, il impose une accélération de longue durée très difficile à soutenir.
Mais, dans le Tourmalet, comme à chaque fois dans les moments chauds de ce Tour (hormis dans les 800 derniers mètres de l'étape d'Avoriaz), Contador a tenu le choc, sans pour autant pouvoir contrer. "J'avais de très bonnes sensations", s'est félicité le vainqueur sortant, tout sourire à l'arrivée, où il n'a pas cherché à disputer le sprint. "L'étape était secondaire pour moi", a convenu le "pistolero" d'Astana. La tape sur l'épaule entre les deux hommes, après l'arrivée, a confirmé le bon accord de ces deux-là, sans conteste au-dessus du lot dans ce Tour 2010.
Quels sont les enjeux encore à venir ?
A entendre Contador et Schleck, un minimum d'incertitude reste d'actualité pour le maillot jaune. L'écart de huit secondes autorise le champion du Luxembourg du contre-la-montre à nourrir un -minime- espoir de renverser la situation samedi sur les 52 kilomètres du chrono de Pauillac. "Normalement, c'est fini mais il faut y croire", a estimé Bjarne Riis, le manageur de l'équipe de Schleck. "Le Tour peut se perdre à tout moment", a renchéri le maillot jaune dont le sourire, rassuré, éclatant, dit cependant la grande confiance à trois jours de l'arrivée à Paris.
Sur les pentes du Tourmalet, Schleck a probablement calé sa deuxième place. Avec un avantage de l'ordre de trois minutes et demie sur Samuel Sanchez, le champion olympique qui a eu le malheur de chuter en début d'étape, et de quelques secondes supplémentaires sur le Russe Denis Menchov, le Luxembourgeois semble à l'abri d'une mauvaise surprise.
En revanche, la troisième place sur le podium reste à prendre. Menchov, a priori meilleur rouleur, ne compte que 21 secondes de retard sur Samuel Sanchez.
Van den Broeck, meilleur Belge depuis Criquielion
Après la dernière étape de montagne, Jurgen Van den Broeck (Omega Pharma-Lotto) figure à la cinquième place du 97-ème Tour de France. L'Anversois de 27 ans, qui devrait pouvoir maintenir sa position jusqu'à Paris, deviendra ainsi le premier coureur belge à accéder au Top 5 depuis Claude Criquielion en 1986.
Le dernier de nos compatriotes à avoir atteint le Top 10 était Axel Merckx. Il avait terminé dixième du Tour 1998, marqué par les grosses affaires de dopage. Avant cela, Criquielion avait encore terminé neuvième en 1990 et Johan Bruyneel septième en 1993.
Vainqueur de l'épreuve en 1976, Lucien Van Impe est le dernier Belge en date à être monté sur la plus haute marche du podium.
|
|