28/07/2010
Un "exemple" pour ses opposants en France
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La décision du Parlement régional de Catalogne (Espagne) mercredi d'interdire les corridas a été saluée comme une "victoire" et un exemple à suivre par les opposants à cette pratique en France, minimisée comme une mesure plus "politique" que taurine par ses partisans.

Les députés du Parlement de Catalogne ont approuvé l'interdiction des corridas, à partir du 1er janvier 2012. Cette riche région du nord-est sera ainsi la deuxième région espagnole à interdire la tauromachie, après l'archipel des Canaries, une victoire incontestable pour les opposants à la corrida.

"C'est une victoire de la dignité sur la cruauté. La corrida est d?un sadisme incroyable, nous n?en sommes plus aux jeux du cirque et il faut mettre un terme immédiat à cette torture animale", a déclaré Brigitte Bardot.

La France, où la corrida est pratiquée dans le Sud, "doit maintenant suivre l?exemple", poursuit l'ancienne star du cinéma français, actuelle présidente de la protection animale, citée dans un communiqué de sa fondation.

La présidente de l'Alliance anti-corrida Claire Starozinski a également estimé qu'il s'agissait d'"une grande victoire" qui "préfigure ce qui va se passer en France dans quelques années".

"Ce vote reflète la force du sentiment anti-corrida qui grandit de jour en jour", a développé Mme Starozinski estimant que la corrida représente "le symbole de la barbarie donnée en spectacle" et une tradition "cruelle" qui "doit être abolie".

Selon la présidente de l'alliance basée à Nimes (sud), le sentiment anti-corrida se développe en Europe mais aussi "dans le monde entier". "On sait très bien que ça ne va pas se faire demain en France, il y a une très forte opposition en France. Mais ça va se faire, c'est inéluctable".

Cette interdiction de la corrida dans une région importante d'Espagne constitue un coup dur pour le monde taurin, dans un contexte de morosité en raison d'une relative désaffection des spectateurs et de la crise économique sévère que traverse le pays.

Des acteurs de la tauromachie en France ont pour leur part jugé que le vote du Parlement régional de Catalogne constituait surtout une décision "politique" ne menaçant pas le monde taurin français.

"C'est un problème politique, pas taurin", a déclaré à l'AFP le président de l'Observatoire national des cultures taurines André Viard. "Ce sont les partis indépendantistes qui ont voté pour l'abolition, c'est un problème vraiment catalan qui n'est pas transposable à l'extérieur", a-t-il jugé.

Selon M. Viard, cette décision ne remet pas en question le modèle français "où la corrida est autorisée dans les régions de tradition (4 sur 22) et interdite en dehors de celles-ci".

Pour le directeur des Arènes d'Arles (sud), Luc Jalabert, cette décision certes "pourra donner des arguments aux anti-corrida", mais "la tauromachie est un phénomène identitaire très fort chez nous, en pays d'Arles", a-t-il estimé.

"C'est une décision purement politique, qui masque le sentiment général. En Espagne, la corrida c'est la fiesta, la fête nationale. Le gouvernement catalan a voté contre le gouvernement central, pour asseoir son autorité. Je ne pense pas que cela marque un sentiment anti-corrida à Barcelone", a-t-il jugé.

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