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29/07/2010
Eric Woerth entendu à son ministère
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Au coeur d'une tempête politique depuis la révélation des enregistrements clandestins réalisés à l'insu de l'héritière de L'Oréal, Liliane Bettencourt, et des accusations de financement politique occulte portées par l'ancienne comptable de la milliardaire, le ministre du Travail Eric Woerth est entendu comme témoin jeudi à son ministère par les enquêteurs dans le cadre des différentes enquêtes préliminaires ouvertes dans ce qui est devenu l'affaire Bettencourt.
Cette audition a débuté tôt jeudi matin au ministère, rue de Grenelle, dans le VIIe arrondissement de Paris, où se sont déplacés les policiers de la Brigade financière. Cette audition a été autorisée la semaine dernière par le conseil des ministres. L'avocat de M. Woerth, Me Jean-Yves Le Borgne, a indiqué qu'il envisageait une conférence de presse dans la journée. Le ministre devrait être interrogé de "manière globale" sur tous les points révélés ces dernières semaines, a indiqué jeudi matin le parquet de Nanterre (Hauts-de-Seine), qui coordonne les enquêtes préliminaires, notamment sur un éventuel conflit d'intérêts à propos de l'embauche de son épouse au sein de la société Clymène, qui gère le patrimoine de Mme Bettencourt, et les accusations de financement politique illégal. M. Woerth s'est toujours défendu d'une quelconque intervention auprès du gestionnaire de fortune de la milliardaire, Patrice de Maistre, pour faire engager son épouse. Florence Woerth a intégré Clymène en septembre 2007. M. De Maistre a déclaré aux enquêteurs avoir rencontré Mme Woerth à la demande de son époux, trésorier de l'UMP et pas encore ministre du Budget. La principale intéressée a contesté cette version devant les enquêteurs, a fait savoir son avocat, Me Antoine Beauquier. C'est, a-t-il dit, le gestionnaire de fortune qui l'a sollicitée pour travailler au sein de Clymène, où elle s'occupait de gestion de patrimoine et non de gestion fiscale. A cette époque, son mari était ministre du Budget. Quant aux accusations de financement occulte, elles ont été catégoriquement rejetées par M. Woerth et le gestionnaire de fortune. L'ancienne comptable, Claire Thibout, a évoqué la piste d'un financement occulte de la campagne présidentielle en janvier 2007. Elle affirme que Patrice de Maistre lui aurait demandé 150.000 euros pour les remettre à Eric Woerth, alors trésorier de l'UMP. Dans un entretien au "Journal du Dimanche", M. de Maistre a assuré que les Bettencourt avaient financé légalement la campagne de Nicolas Sarkozy. Il indique lui-même avoir contribué en toute légalité au financement du parti de la majorité présidentielle et être membre de l'association du Premier cercle, qui regroupe les donateurs de l'UMP. Le gestionnaire de fortune a fait état de rencontres avec M. Woerth mais qui n'avaient rien à voir avec un contournement de la loi sur les partis politiques. M. Woerth a porté plainte à la suite des affirmations de Mme Thibout. Le rapport de l'Inspection générale des Finances, commandé par le successeur de M. Woerth au Budget, François Baroin, a conclu que M. Woerth n'était pas intervenu pour demander ou empêcher un contrôle fiscal de Mme Bettencourt ou des sociétés gérant ses avoirs et actifs |
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