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Une enseignante indienne qui refusait de porter le voile intégral comme le demandaient les élèves d'une université musulmane de Calcutta, dans l'est de l'Inde, n'a pas pu dispenser son cours pendant trois mois, rapporte jeudi le quotidien The Indian Express.
L'université Aliah de Calcutta, première université musulmane de l'Etat du Bengale occidental (est), n'impose pas de code vestimentaire mais le syndicat étudiant a exigé que les enseignantes se couvrent pendant les cours.
Sirin Middya a déclaré au quotidien The Indian Express avoir refusé de se soumettre à cette demande et avoir été privée d'enseignement pendant 3 mois.
"La plupart des professeurs n'aiment pas le diktat des étudiants concernant le port de la burqa mais elles n'ont pas d'autres choix que de l'accepter", a-t-elle souligné. "C'est une talibanisation des locaux éducatifs et personne ne vient à notre secours", a-t-elle dénoncé.
Le secrétaire du syndicat étudiant des madrassas du Bengale occidental, Siamat Ali, a indiqué que seules huit femmes enseignaient à l'université. "Il a été décidé après consultation que les femmes porteraient le voile et la plupart des enseignantes ont accepté. Seule cette femme a un problème".
L'université a minimisé la polémique, évoquant un "incident isolé".
Le ministre du gouvernement local en charge du Développement des minorités a été informé.
Selon le dernier recensement de 2001 --un nouveau recensement est en cours cette année -- les musulmans représentaient 13% de la population indienne, soit environ 150 millions. Ils sont très souvent victimes de discrimination et vivent en général dans les quartiers les plus pauvres.
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