03/08/2010
Après Paris, le président pakistanais ira à Londres répondre aux critiques de Cameron
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Après deux jours en France, le président pakistanais Asif Ali Zardari s'envolera mardi soir pour Londres où il devrait reprocher au Premier ministre David Cameron ses propos "déplacés" accusant le Pakistan d'exporter le terrorisme.

Le dirigeant n'a pas prévu de raccourcir son voyage au Royaume-Uni, prévu jusqu'à la fin de la semaine, alors que la colère monte contre son absence au Pakistan où jusqu'à 3,2 millions de personnes ont été touchées par les pires inondations depuis 80 ans.

M. Zardari doit rencontrer M. Cameron vendredi à Chequers (sud-est) en dépit des appels de certaines personnalités au Pakistan pour qu'il annule sa visite en signe de protestation aux propos du chef de gouvernement britannique.

En visite la semaine dernière en Inde, voisin et rival du Pakistan, M. Cameron avait déclaré : "Nous ne pouvons tolérer en aucun cas l'idée que ce pays (le Pakistan) soit autorisé à regarder des deux côtés et puisse, de quelque manière que ce soit, promouvoir l'exportation de la terreur en Inde ou en Afghanistan ou n'importe où ailleurs dans le monde".

Des propos qui ont déclenché une vive polémique avec Islamabad et entraîné la convocation lundi par les autorités à Islamabad de l'ambassadeur britannique au Pakistan.

Ceci alors que des documents confidentiels de l'armée américaine, diffusés par le site internet d'information Wikileaks, font état de liens entre le Pakistan et les insurgés talibans en Afghanistan que combattent les 150.000 hommes des forces internationales.

L'accusation n'est pas nouvelle. Le Pakistan, allié des Etats-Unis, est régulièrement accusé de jouer un double jeu régional via ses services secrets.

Ceux-ci défendraient ainsi avant tout la "profondeur stratégique" du Pakistan en soutenant la rébellion afghane dans le but d'affaiblir le régime de Kaboul, trop proche des Occidentaux à ses yeux, mais aussi de juguler l'influence de l'Inde en Afghanistan.

Dans un communiqué publié lundi soir après son entretien avec Nicolas Sarkozy, M. Zardari avait déclaré qu'il était "regrettable que quelques personnes continuent d'exprimer des doutes et des hésitations sur notre volonté et notre détermination à lutter sans merci contre les insurgés".

"Aucun autre pays de la coalition internationale n'a payé un prix plus élevé dans cette lutte", a-t-il ajouté.

"Depuis 2001, plus de 2.700 membres des forces de sécurité sont morts et plus de 9.000 ont été sérieusement blessés", a souligné cette semaine l'ambassadeur du Pakistan à Londres, Wajid Shamsul Hasan.

Ses zones tribales du Nord-Ouest, frontalières avec l'Afghanistan et bastion des talibans pakistanais, sont le sanctuaire d'Al-Qaïda et la base arrière des talibans afghans.

Pour sa deuxième journée en France, M. Zardari doit avoir un entretien mardi midi avec le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner. Dans l'après-midi, il doit se rendre dans son château familial de Mesnil-Lieubray, en Normandie (nord-ouest) où son père a l'habitude de séjourner l'été.

Devenu chef de l'Etat par défaut en 2008 à la suite de l'assassinat de son épouse Benazir Bhutto, le président pakistanais, M. Zardari demeure très impopulaire, symbole de la corruption aux yeux des Pakistanais et des médias.

Il continue d'être surnommé "Monsieur 10%" depuis que, ministre sous les gouvernements Bhutto dans les années 1990, il était accusé d'encaisser des commissions occultes sur les marchés publics.

Son poids politique est cependant limité, l'essentiel des pouvoirs exécutifs étant détenu par le Premier ministre, Yousuf Raza Gilani, et les militaires gardant une grande influence.



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