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La croissance économique allemande a atteint au deuxième trimestre un niveau sans précédent depuis la réunification du pays grâce à la relance de l'investissement des entreprises et au rebond des exportations, confirmant la vigueur de la reprise la première économie d'Europe
Le produit intérieur brut (PIB) allemand a crû de 2,2% sur la période avril-juin par rapport à janvier-mars selon les statistiques officielles publiées vendredi, un chiffre qui dépasse les pronostics les plus optimistes. En moyenne, les 34 économistes et analystes interrogés par Reuters anticipaient une croissance de 1,3% d'un trimestre sur l'autre.
Le chiffre de la croissance du premier trimestre a en outre été révisé à la hausse, à +0,5% contre +0,2% initialement annoncé.
Le ministre de l'Economie, Rainer Brüderle, a déclaré que la croissance de l'ensemble de l'année pourrait être nettement supérieure à 2%, alors que la prévision officielle du gouvernement était jusqu'à présent de 1,4%.
"On ne peut pas parler d'une croissance miraculeuse, mais il est certain que nous vivons une reprise à vitesse grand V", a-t-il ajouté.
Plusieurs économistes envisagent désormais une hausse d'au moins 3% du PIB cette année.
"On peut s'attendre à 3% de croissance cette année, même un peu plus de 3%", a dit Andreas Scheuerle, de DekaBank. "L'économie allemande explose grâce à la demande mondiale."
Le chiffre bien supérieur au consensus publié vendredi a déjà conduit les économistes à revoir à la hausse leur estimation de la croissance pour l'ensemble de la zone euro, à 1,0% en moyenne contre 0,7% jusqu'ici. Eurostat doit publier le chiffre officiel à 9h00 GMT.
En France, deuxième économie de la zone euro, la croissance a été de 0,6% au deuxième trimestre après 0,2% au premier, selon les résultats préliminaires publiés par l'Insee vendredi.
L'euro s'appréciait face au dollar après ces annonces et les marchés boursiers européens, orientés à la baisse ces derniers jours, progressaient en matinée.
UNE CROISSANCE ALLEMANDE SUPÉRIEURE À 3% EN 2010 ?
Les exportateurs allemands ont tiré la reprise de l'ensemble du pays après la plus sévère récession de l'après-guerre. Les ventes à l'export ont notamment bénéficié ces derniers mois de la faiblesse de l'euro, qui s'est déprécié d'environ 10% par rapport au dollar depuis le début de l'année.
Pour Rainer Brüderle, les chiffres du PIB prouvent que le gouvernement doit poursuivre sa politique d'austérité budgétaire et la mise en oeuvre du plan de réduction des déficits de 80 milliards d'euros.
Les analystes s'attendent néanmoins à ce que les coupes budgétaires qui touchent l'ensemble de l'Europe pèsent sur l'activité économique et freinent la demande étrangère pour les produits allemands, au moment où la reprise américaine montre des signes répétés d'essoufflement.
"Il n'est guère utile de préciser que la tendance de croissance actuelle sera pratiquement impossible à tenir au cours des mois à venir", a ainsi déclaré Carsten Brzeski, économiste d'ING Financial Markets.
"Après l'effet exceptionnel lié au secteur de la construction et avec la normalisation de la croissance des exportations, la croissance allemande va renouer avec un rythme plus ordinaire", a-t-il ajouté.
Mais même une croissance ralentie aux troisième et quatrième trimestre pourraient permettre à Berlin d'afficher une croissance de plus de 3% sur l'ensemble de 2010.
Parmi les entreprises qui semblent bénéficier de la vigueur de la reprise, ThyssenKrupp, le premier sidérurgiste d'Allemagne, a relevé vendredi ses prévisions de résultats pour l'exercice en cours après avoir publié un bénéfice trimestriel meilleur qu'attendu.
Il a mis en avant la solidité de la demande dans les secteurs de l'automobile et de la construction mécanique.
Sur les 30 grandes entreprises qui composent l'indice Dax de la Bourse de Francfort, 23 ont présenté des comptes trimestriels supérieurs aux attentes et 12 ont relevé leurs prévisions ces dernières semaines.
En rythme annuel, l'économie allemande a progressé de 4,1% au deuxième trimestre, contre une hausse de 2,1% (révisé de 1,7%) lors de la période janvier-mars. Les économistes tablaient sur un PIB en hausse de 2,4% sur un an.
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