23/08/2010
A Toulouse, les anciens se rachètent, les jeunes se donnent
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Leader surprise de Ligue 1, Toulouse a jusqu'à présent réussi, au-delà de ses espérances, l'amalgame entre l'esprit de revanche de cadres critiqués la saison dernière et l'enthousiasme des jeunes formés au club.

Le TFC a-t-il les moyens de tenir la distance ? Pas question de s'emballer après seulement trois journées, surtout quand on vient, comme le TFC, de vendre son meilleur joueur à l'Olympique de Marseille et qu'on n'a plus que huit jours avant la fin des transferts pour remplacer André-Pierre Gignac.

"On n?a même pas fait 10% du championnat", tempère le président Olivier Sadran. "Il ne faut surtout pas s?enflammer", abonde Alain Casanova, entraîneur d'un club qui n'avait plus occupé la tête du classement depuis novembre 2004.

N'empêche, Toulouse, 14e du dernier championnat, réussit son meilleur début de saison depuis 1982-1983 (3 victoires également). Et Alain Casanova aime bien ce qu'il voit, comme samedi contre Arles-Avignon (2-1).

"En ce moment, nous pratiquons un football de qualité, fait d?enchaînements et de vitesse, et c?est le football que j?aime", dit-il.

"Plus que cette place de leader", ce qui lui plaît aussi, c'est "le fait de revoir certains joueurs à leur vrai niveau".

Daniel Braaten est évidemment de ceux-là. Le Norvégien, critiqué comme d'autres la saison passée, est actuellement le meilleur buteur de la L1 avec 3 buts, et est impliqué dans cinq des six réalisations toulousaines cette saison alors que ce milieu de terrain ne fait qu'assurer à la pointe de l'attaque l'intérim de Gignac (transféré) et Xavier Pentecôte (blessé).

Mais les propos élogieux de Casanova semblent valoir aussi pour Etienne Didot, Paulo Machado, Etienne Capoue ou encore Antoine Devaux, joueurs qui décevaient il y encore quelques mois.

"On veut tous se faire pardonner notre saison dernière", convient Didot. Mais lui aussi préfère s'inscrire dans la durée: "Ce n'est pas au bout de trois matches que nous allons le faire".

C'est que le calendrier ne sera pas toujours aussi favorable, même s'il va le rester a priori quelque temps.

Toulouse a reçu deux promus (Brest, 2-0, et Arles), et s'il l'a emporté (2-1) à Bordeaux, il a profité du fait que les Girondins n'étaient pas remis de la calamiteuse saison passée. Il doit à présent se rendre à Nancy et accueillir Saint-Etienne.

En prévision d'affrontements plus rudes, chacun paraît s'accorder sur la nécessité de recruter pour remplacer Gignac.

Le TFC, qui réclamait à l'OM 18 millions d'euros pour son attaquant vedette et qui aurait largement obtenu satisfaction, devrait en réinvestir entre 5 et 10 millions pour se renforcer.

Pour rester un trublion crédible du championnat, Toulouse continuera cependant à miser sur la jeunesse: contre Arles, ils étaient quatre au coup d'envoi à avoir été formés au club, et trois sur le banc des remplaçants. Et encore: Moussa Sissoko et Pentecôte, blessés, ne figuraient pas sur la feuille de match, où huit joueurs avaient au maximum 22 ans. Sissoko et Pentecôte aussi ont appris leur métier à Toulouse, comme le champion du monde Fabien Barthez avant eux.

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