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Le vice-président du tribunal de grande instance de Nantes, Daniel Castagne, a ordonné la semaine dernière l'évacuation d'un terrain occupé par des Roms tout en regrettant la "défaillance de la puissance publique (..) patente dans ce domaine".
Le juge qui a donné raison au conseil général de Loire-Atlantique, propriétaire du site, a toutefois stigmatisé "la carence de l'Etat qui s'abstient de prendre à bras le corps le traitement de cette extrême précarité de la communauté des Roms", dans une ordonnance en date du 19 août dernier, révélée mardi par le site Rue 89.
Cette communauté est "chroniquement repoussée au jour le jour d'un emplacement à l'autre sans qu'aucune solution d'envergure ne soit envisagée au plus haut niveau en concertation avec les instances européennes", regrette le magistrat.
"Manifestement cet impérieux devoir d'entraide et de solidarité ne semble pas être hissé à un rang prioritaire dans la hiérarchie des préoccupations des plus hautes autorités nationales", insiste-t-il.
"Au contraire, la défaillance de la puissance publique est patente dans ce domaine et le traitement de la difficulté par la seule voie de l'offensive médiatisée et de la répression en apporte une singulière illustration", ajoute-t-il.
Le juge, qui a laissé un délai de deux mois aux occupants pour quitter les lieux, regrette que son "office (..) se réduit ponctuellement à une touche de rapiéçage social pour tenter d'atténuer les conséquences abruptes d'une désocialisation dont l'Etat français ne prend pas la mesure".
Evoquant la pétition "d'un certain nombre de riverains dénonçant l'insalubrité des installations et le risque encouru par les enfants du quartier", il estime extrêmement malaisé de faire clairement le tri entre les éléments objectifs de nuisance et les jugements de valeur ou amalgames propres à entretenir un climat d'appréhension et de crainte".
"C'est dire la complexité de la comédie humaine et la difficulté à en tirer une conclusion péremptoire dans un sens ou dans l'autre", conclut le magistrat, estimant que "le risque de dérapages ou d'affrontements ne peut être totalement occulté".
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