06/09/2010
La CGT met en doute l'impartialité des services d'Eric Woerth
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Le syndicat CGT de l'usine Molex de Villemur-sur-Tarn, fermée en octobre 2009, a adressé lundi une lettre ouverte à Eric Woerth émettant des "doutes sur l'impartialité" des services du ministre du Travail qui ont autorisé le licenciement des représentants du personnel.

Le syndicat s'appuie sur une enquête de France Inter diffusée le 20 août révélant qu'un conseiller personnel d'Eric Woerth, Eric de Sérigny, travaillait par ailleurs pour la société d'investissement Athéma.

Celle-ci collaborait avec les avocats de la direction de l'usine de connectique automobile, qui a licencié ses 280 salariés malgré 11 mois d'une lutte devenue emblématique du combat contre les fermetures, décidées à l'étranger, d'entreprises rentables.

Le syndicat CGT pointe un "possible conflit d'intérêts" et estime que ces faits suscitent "de nombreuses interrogations sur l'honnêteté de la décision prise à notre encontre (...) qui méritent pour le moins des explications, voire le retrait de votre décision".

Le dossier Molex "n'a jamais été évoqué par moi avec le ministre", avait répondu M. de Sérigny à France Inter.

M. de Sérigny, haut cadre financier, précisait qu'il travaillait à titre "bénévole" pour M. Woerth, alors trésorier de l'UMP, sur les relations avec les chefs d'entreprise.

Il est notamment l'ami de Patrice de Maistre, gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt (L'Oréal), et a soutenu, tout comme Eric Woerth, sa candidature à la Légion d'honneur. L'attribution de cette distinction à M. de Maistre fait l'objet d'une enquête préliminaire sur un possible trafic d'influence.

Après M. de Sérigny, le directeur général du Travail, Jean-Denis Combrexelle, a réfuté toute "intervention" du cabinet d'Eric Woerth dans le licenciement des représentants syndicaux pour raison économique.

Le président de la région Midi-Pyrénées, Martin Malvy (PS), a en revanche réclamé que le dossier qui a conduit à la décision du ministère soit "rendu public".

L'affaire remonte à fin mars 2010 quand M. Woerth, quelques jours après sa nomination au ministère du Travail, a donné son aval, malgré l'avis de l'inspection du Travail, au licenciement des représentants du personnel de cette usine.

Le ministère a expliqué que "la cessation d'activité totale constitue une cause économique de licenciement".

La CGT rejette cet argument dans sa lettre à M. Woerth et à la direction générale du Travail. Elle dénonce leur "empressement" à rendre cette décision quelques jours avant la comparution de deux dirigeants de Molex à Toulouse, le 6 avril 2010, pour "délit d'entrave au comité d'entreprise". Ils ont été condamnés à six mois de prison avec sursis.

187 salariés devraient déposer un dossier devant les prud'hommes d'ici à fin septembre pour contester leur licenciement.

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