Paris 25/11/2010
Hormone de croissance: la défense épingle doutes et exagérations du dossier
GayTactos Facebook Twitter linkedin
Pointer l'incertitude scientifique, minimiser le rôle des prévenus: les avocats des deux mis en cause dans le drame de l'hormone de croissance ont bataillé tous azimuts mercredi pour tenter d'emporter la conviction des juges au dernier jour du procès d'appel.

La défense de la pédiatre Elisabeth Mugnier, 61 ans, et du biochimiste Fernand Dray, 88 ans, avait la tâche délicate de déployer ses arguments sous le regard des familles des victimes venues nombreuses assister à la fin des deux mois d'audience.

Après vingt ans de marathon judiciaire et une relaxe générale en première instance, ces familles placent leur espoir dans les trois magistrats de la cour d'appel de Paris qui rendront leur arrêt dans plusieurs mois.

L'attente est d'autant plus grande que les parties civiles ont salué des débats "plus sereins", "approfondis", "contradictoires" qu'au premier procès, en 2008.

Cette attente, les cinq avocats à la barre depuis le début de la journée se sont employés à la démolir en dépit du "caractère exceptionnel, terrifiant de ce drame", selon les mots de Me Francis Triboulet.

"Parce qu'il y a émotion, douleur, il faudrait forcément des coupables", a déploré Me Olivier Metzner.

Postulat impossible à entendre dans ce dossier où il n'y a que des "suppositions", des "hypothèses", a souligné Me Guy-Charles Humbert.

Incertitude scientifique: les avis des témoins et experts entendus tout au long du procès divergent sur la connaissance, au début des années 80, du risque de transmission de la maladie de Creutzfeldt-Jacob (MCJ).

C'est à cette époque que 1.698 enfants ont reçu un traitement à base d'hormones de croissance destiné à les aider à grandir. Parce que certaines des hypophyses - glandes crâniennes - entrant dans la fabrication de ce traitement étaient infectées, 120 jeunes patients sont morts de la maladie de la MCJ depuis 1991.

"Dès lors que les scientifiques ne sont pas d'accord entre eux, comment nous avocats, vous juristes, pourriez élaborer une vérité scientifique?", a protesté Me Metzner, l'un des défenseurs de Mme Mugnier.

La pédiatre est accusée d'avoir collecté les hypophyses dans les morgues des hôpitaux sans veiller à leur qualité. Elle était à l'époque jeune médecin de 28 ans.

"Qu'aurait-elle pu, qu'aurait-elle dû faire? Vérifier la qualité des hypophyses qu'elle transportait? Ce n'était pas sa mission, elle n'en avait pas les moyens", a fait valoir Me Metzner.

Son travail n'avait aucune dimension scientifique, soutient l'avocat. "Ce qu'elle faisait, un coursier aurait pu le faire".

Coursier, Fernand Dray ne l'était certes pas. Ce biochimiste réputé dirigeait le laboratoire URIA de l'Institut Pasteur où était extraite et purifiée l'hormone.

A-t-il accumulé les négligences dans la conduite des opérations, ainsi que le prétend l'accusation?

"Comment imaginer que cet éminent scientifique aurait pris son travail à la légère", s'est indigné Me Triboulet. "Comment peut-on dire sans preuve que cet homme-là a mal travaillé alors qu'il était présent dans son laboratoire, investi dans son métier" et avait pris soin d'entourer d'une "équipe compétente".

Une peine de trois ans de prison avec sursis a été requise lundi contre M. Dray et de six à douze mois avec sursis contre Mme Mugnier.

Parmi l'ensemble des intervenants dans la chaîne d'élaboration de l'hormone, ils sont les seuls à être jugés en appel. Deux des sept prévenus de première instance sont aujourd'hui décédés, dont le Pr Jean-Claude Job, responsable de ce protocole de soin à la tête de l'association France Hypophyse, où siégeaient de nombreux représentants de l'Etat.

Discuter de l'actualité
Nom E-mail
Commentaire
Por favor, deja este campo en blanco
Entrez le code

Cambiar imagen
E-mail: Contraseña: Regístrate
SERVICES
Diarios
Radios
Boletines
Videoteca
Especiales
Publique su Noticia
 
Añada su Empresa
Publicidad
BFM TV
Publicidad
Liens recommandés
Publicidad
      Condiciones de Uso | Aviso Legal | Condiciones de Contratación | Política de Confidencialidad | Publicidad | Colaboradores
 
Paris Presse www.parispresse.eu
Journal digital avec des renseignements et des infos actualisés à la minute. Paris Press fait partie du
groupe Edicosma, intégré dans plus de 200 journaux digitaux, au service de l'information.
© Paris Press 2012