Sports 26/11/2010
Tennis: la Coupe Davis, Grand Chelem des Français
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Contrairement à plusieurs collègues étrangers, les joueurs français continuent à ériger la Coupe Davis au rang de priorité, parce qu'elle les fait rêver et qu'elle leur offre un frisson dont ils sont privés depuis presque trente ans en Grand Chelem.

Epreuve au charme parfois désuet, la Coupe Davis a une importance plus ou moins grande selon les pays. En France, patrie des Mousquetaires, l'engouement est toujours maximal, comme l'explique Jo-Wilfried Tsonga, forfait pour la finale face à la Serbie (3-5 décembre) mais présent aux côtés des Bleus.

"C'est un rêve de gosse. Quand j'étais tout petit, c'est la Coupe Davis qui m'a fait venir au tennis. Je la place au même niveau que les Grands Chelems."

Un cri d'amour qui tranche avec l'attitude d'un Roger Federer qui zappe le plus souvent l'épreuve pour se concentrer sur sa carrière. Quant à Rafael Nadal, il n'a disputé qu'une seule des cinq dernières rencontres de l'Espagne.

En France, ils sont rares à bouder. Généralement, les joueurs raffolent de cet accélérateur d'émotions, de ces matches où "le coeur bat plus vite car tu viens d'écouter la Marseillaise", comme le décrit Gilles Simon.

Pour la plupart, la Coupe Davis appartient à leur culture et les a fait rêver lorsqu'ils étaient jeunes, à suivre les exploits de Noah, Forget, Leconte ou Boetsch devant leur téléviseur.

Julien Benneteau, lui aussi forfait pour la finale mais lui aussi présent à Belgrade dans une semaine, était même dans les tribunes lors de la reconquête du trophée à Lyon en 1991: "J'étais en CM2 et quand je suis retourné à l'école le lundi, je n'avais plus de voix. C'est mon premier souvenir sportif, tous sports confondus." Forcément, ça marque...

Des joueurs comme Mikhail Youzhny, qui fut ramasseur de balle lors de la finale Russie-Etats-Unis en 1995, ou Andy Roddick, qui a assisté au succès américain en 1992 à Fort Worth alors qu'il avait dix ans, ont vécu des expériences similaires. Et ont depuis toujours fait de la Coupe Davis une priorité, jusqu'à devenir à leur tour des vainqueurs de l'épreuve.

Mais si la Coupe Davis fait tant rêver les joueurs français, c'est aussi parce qu'elle compense une longue absence de succès en Grand Chelem.

"J'espère que ça va changer mais aujourd'hui en France on a plus de chances de gagner la Coupe Davis qu'un Grand Chelem, c'est très clair", souligne le capitaine Guy Forget, confronté à l'évidence des statistiques.

La dernière victoire française en Grand Chelem reste toujours celle de Yannick Noah à Roland-Garros en 1983. En Coupe Davis, en revanche, ça pétille avec neuf trophées dont trois depuis 1991, 1996 et 2001.

En France, où on n'a encore jamais connu un N.1 mondial masculin, c'est l'union qui fait la force et qui permet de se consoler collectivement des déceptions individuelles lors des tournois majeurs.

"On dit qu'on ne gagne pas de Grand Chelem mais il faut voir que ce n'est pas évident avec les deux monstres", souligne Gaël Monfils en désignant Federer et Nadal, vainqueurs de 18 des 20 derniers tournois du Grand Chelem.

Une telle razzia a effectivement de quoi désespérer. Heureusement qu'il y a la Coupe Davis, dont les "deux monstres" hantent moins les courts.

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