Actualite 29/11/2010
Comptes de Balladur en 1995 : Valls appelle Dumas à s'expliquer
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Le député PS Manuel Valls a appelé dimanche sur BFM l'ex-président du Conseil constitutionnel, Roland Dumas, à s'expliquer sur les affirmations selon lesquelles il a appuyé en 1995 la validation des comptes de campagne d'Edouard Balladur et de Jacques Chirac contre toute logique.

A propos de ce développement du tentaculaire dossier judiciaire de l'attentat de Karachi, il a aussi souhaité que soit levé le secret des délibérations du Conseil constitutionnel (valable pour 25 ans), et que "toute la transparence soit faite" par son actuel président, Jean-Louis Debré.

Dans le quotidien Le Monde daté du 26 novembre, on nous explique, a dit Manuel Valls, que c'est la voix de Roland Dumas "qui a fait basculer le Conseil donnant accord des comptes de campagne de M. Balladur alors qu'il reconnaît lui-même que le plafond (des dépenses) avait été dépassé et que la logique aurait dû amener à l'invalidation de ces comptes". "Le prétexte était que ceux de M. Chirac, élu président en 1995, n'étaient pas conformes", a-t-il ajouté.

Joint vendredi par l'AFP, Roland Dumas n'avait pas contesté avoir jugé à l'époque, à l'unisson des Sages étiquetés à droite, qu'il fallait valider les comptes de M. Balladur.

"Est-ce qu'on se rend bien compte de la portée, de la gravité des propos de l'ancien président du Conseil constitutionnel ? Si ce qu'il a dit est vrai, si les comptes de campagne de MM. Balladur et Chirac n'étaient pas validables (...) on est face à un scandale démocratique, à une affaire d'Etat d'une ampleur que la Ve République n'a jamais connue", a ajouté M. Valls.

"C'est pour cela que nous avons besoin que le président du Conseil constitutionnel de l'époque dise si cela est vrai ou non", a-t-il poursuivi.

"Si cela est vrai, c'est une atteinte profonde à la démocratie et au scrutin de 1995", a insisté le député-maire d'Evry, candidat déclaré aux primaires socialistes pour la présidentielle de 2012.

Dans le volet financier du dossier Karachi (15 morts dont onze Français en mai 2002 au Pakistan), le juge Renaud van Ruymbeke enquête sur des soupçons de financement illégal de la campagne présidentielle de M. Balladur via des rétrocommissions sur la vente de sous-marins français au Pakistan en 1994.

Vendredi, Roland Dumas s'est dit favorable à la publication du procès-verbal des débats ayant conduit à l'approbation des comptes de campagne en 1995. Jean-Louis Debré a déjà dit que seul le gouvernement était habilité à le décider.

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