Actualite 30/11/2010
France/attentat de Karachi: Villepin de nouveau entendu par la justice
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L'ancien Premier ministre français Dominique de Villepin était de nouveau entendu comme témoin mardi par la justice sur l'"affaire Karachi", un dossier mêlant soupçons de corruption et un attentat au Pakistan en 2002, selon des sources proches du dossier.

Dominique de Villepin était entendu par le juge antiterroriste Marc Trévidic, qui enquête sur cet attentat qui avait tué 15 personnes, dont 11 Français qui travaillaient à la construction de sous-marins vendus par la France au Pakistan. L'audition devait durer toute la journée.

Il avait déjà été auditionné comme témoin, à sa demande, jeudi dernier par un autre juge sur le volet financier de cette affaire complexe, qui a pris ces dernières semaines les allures d'une affaire d'Etat en France.

La justice française s'intéresse à un circuit de corruption présumé ayant accompagné la vente des sous-marins au Pakistan en 1994.

A des commissions versées par la France à des décideurs pour obtenir le contrat --légales à cette époque--, se seraient ajoutées des "rétrocommissions" par lesquelles une partie des sommes revenait illégalement en France au profit de responsables français.

Le juge Trévidic suit depuis 2009 une piste selon laquelle un arrêt des commissions en 1995 sur ce contrat d'armement aurait entraîné des représailles pakistanaises et donc, sept ans plus tard, l'attentat de Karachi.

Dominique de Villepin était secrétaire général de l'Elysée en 1995 quand Jacques Chirac a ordonné à son arrivée à la présidence la révision des contrats d'armement et l'arrêt de certaines commissions. Le secrétaire général est le principal collaborateur du président.

Dominique de Villepin avait déjà assuré jeudi devant le juge financier Renaud Van Ruymbeke qu'il n'y avait selon lui aucun lien entre l'arrêt des commissions et l'attentat de 2002.

L'arrêt des commissions stoppait de facto le versement de rétrocommissions qui, selon certains témoignages, auraient alimenté le budget de la campagne électorale de l'ex-Premier ministre Edouard Balladur, candidat à l'élection présidentielle de 1995 face à Jacques Chirac. Edouard Balladur, dont le président Nicolas Sarkozy était à l'époque le porte-parole, a démenti tout financement illicite de sa campagne.

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